Pour les Kin

Qu'est-ce qu'un accompagnateur ? (Et en quoi est-ce différent des soins à domicile ?)

L'accompagnement, les soins à domicile et les services de PAB se chevauchent de façon confuse. Voici ce que chacun signifie vraiment et lequel votre famille a besoin.

Par Daniel Olaleye8 min de lecture
Un accompagnateur et un aîné partageant un thé à la table de la cuisine

La terminologie dans les soins aux aînés est confuse. "Soins à domicile" peut désigner un infirmier, un PAB, un accompagnateur ou simplement quelqu'un qui fait le ménage, selon qui utilise l'expression. "Accompagnement" sonne bien mais reste vague. Et la plupart des familles qui cherchent de l'aide ne savent pas de quoi elles ont réellement besoin jusqu'à ce qu'elles soient déjà bien avancées dans le processus.

Voici la version claire.

L'accompagnement : la couche sociale et pratique

Un accompagnateur fournit un soutien non médical et non personnel. L'accent est mis sur le lien, l'observation et l'aide pratique légère. En pratique, une visite d'accompagnement ressemble à ceci :

  • De la conversation. De la vraie conversation, pas du bavardage. Demander comment s'est passée sa semaine, écouter la version longue, faire un suivi sur ce qu'elle a mentionné la dernière fois.
  • Marcher ensemble. Un tour du bloc, une visite au parc, une promenade lente dans le centre commercial.
  • Des courses. Épicerie, pharmacie, retourner des livres à la bibliothèque, déposer le nettoyage à sec.
  • Préparation légère de repas. Faire le lunch ensemble, couper des fruits pour la semaine, aider à organiser le frigo.
  • Accompagner aux rendez-vous. S'asseoir dans la salle d'attente, aider à se rappeler ce que le médecin a dit, conduire pour l'aller et le retour.
  • Observation. Remarquer que le frigo est plus vide que la semaine dernière, qu'elle ne dort pas bien, que le courrier s'accumule, que quelque chose semble différent.

L'observation est ce qui distingue l'accompagnement du simple fait de "rendre visite." Un bon accompagnateur est formé pour remarquer les changements précoces d'humeur, de nutrition, de mobilité et de sécurité du domicile, et pour les signaler à la famille. C'est ainsi que les problèmes sont détectés à la troisième semaine plutôt qu'au sixième mois.

Chez Halekin, nous appelons nos accompagnateurs des "Kin" parce que la relation est censée ressembler à celle d'un membre de la famille, pas à celle d'un service. La personne qui se présente chaque mardi devrait être quelqu'un que votre parent a hâte de voir, pas quelqu'un qu'il tolère.

Les soins à domicile : la couche clinique

"Les soins à domicile" au Canada désignent généralement des services qui incluent des soins personnels pratiques ou un soutien médical dispensé à la maison. C'est le domaine des préposés aux bénéficiaires (PAB), des aides-soignants et des infirmiers à domicile.

Les services de soins à domicile comprennent :

  • Bain et toilette. Aider votre parent à entrer et sortir de la douche, laver les cheveux, soins de la peau.
  • Habillage et soins d'hygiène. Assistance pour les vêtements, soins d'incontinence, aide à la salle de bain.
  • Mobilité et transferts. Aider à passer du lit au fauteuil roulant ou de la chaise à la position debout.
  • Administration de médicaments. Donner les médicaments selon l'horaire, surveiller les effets secondaires, coordonner avec la pharmacie.
  • Soins de plaies. Changer les pansements, surveiller la guérison, signaler les complications.
  • Signes vitaux. Tension artérielle, température, pouls. Habituellement fait par un infirmier à domicile plutôt qu'un PAB.

Les travailleurs en soins à domicile au Canada sont généralement certifiés. Les PAB complètent un programme collégial (habituellement 600+ heures). Les infirmiers sont diplômés et inscrits auprès d'un ordre provincial. Le cadre réglementaire est important parce que ces travailleurs effectuent des tâches qui comportent un risque clinique.

Les programmes provinciaux de soins à domicile (financés par Santé Ontario, les Services de santé communautaire de la C.-B., Alberta Health Services, le réseau CIUSSS au Québec, etc.) subventionnent certaines heures de soins de PAB et d'infirmiers pour les aînés admissibles. Les listes d'attente varient considérablement selon la région et le type de service.

Où se situe la limite

La façon la plus simple d'y penser :

Si la tâche implique de toucher le corps de la personne à des fins de soins (bain, habillage, toilette, soins de plaies, transferts), ce sont des soins à domicile. Un accompagnateur ne fait pas ces choses.

Si la tâche implique une connexion sociale, des courses, un léger ménage, la préparation de repas ou l'accompagnement, c'est de l'accompagnement. Un PAB peut faire ces choses, mais il est surqualifié et plus coûteux pour elles.

La plupart des parents vieillissants passent par une progression prévisible :

  1. Autonome. Aucune aide régulière nécessaire.
  2. Stade d'accompagnement. Encore autonome pour les tâches quotidiennes, mais isolé, commence à sauter des repas, sort moins. C'est là que l'accompagnement s'insère.
  3. Stade de soins à domicile. A besoin d'aide pour les soins personnels. Vit encore à la maison mais ne peut plus gérer le bain, l'habillage ou les médicaments seul.
  4. Soins à temps plein. A besoin de quelqu'un présent la majeure partie ou la totalité de la journée. Peut être à domicile ou en établissement.

L'erreur que font la plupart des familles est d'attendre le stade 3 pour obtenir de l'aide. À ce moment-là, les problèmes sont plus importants : des chutes se sont produites, le poids a diminué, l'isolement s'est approfondi. L'accompagnement au stade 2 est l'intervention qui retarde ou prévient beaucoup de ce qui arrive au stade 3.

Le chevauchement (et pourquoi c'est confus)

La confusion survient parce que de nombreuses agences de soins à domicile regroupent les services d'accompagnement et de soins personnels sous un même parapluie. Elles envoient un PAB pour tout faire : le bain, le repas, la conversation. Ça fonctionne, mais c'est cher et souvent excessif pour un parent qui a simplement besoin que quelqu'un lui rende visite régulièrement.

De l'autre côté, certains prestataires d'"accompagnement" sont en réalité des services de courses ou des entreprises de ménage qui ont changé de nom. Ils envoient quelqu'un pour faire des tâches, pas pour bâtir une relation.

La question clé à poser à tout prestataire : Est-ce que la même personne viendra chaque semaine, et est-elle formée pour observer et signaler les changements ? Si la réponse aux deux est oui, vous êtes dans le bon territoire. Si la réponse est "nous envoyons la personne disponible," ce que vous obtenez est un service, pas un accompagnement.

Pour qui l'accompagnement convient

L'accompagnement convient quand votre parent :

  • Vit seul et devient de plus en plus isolé
  • Gère encore les soins personnels quotidiens (bain, habillage) de façon autonome
  • Mange moins, sort moins ou semble d'humeur plus basse
  • N'a pas de visiteurs réguliers
  • A dit "je vais bien" assez de fois pour que vous n'en soyez plus convaincu
  • A une famille qui vit loin et a besoin de quelqu'un sur place pour prendre des nouvelles

Ce n'est pas le bon choix (seul) quand votre parent a besoin de soins personnels pratiques, a une condition médicale complexe nécessitant une surveillance ou a une démence avancée nécessitant une supervision constante. Dans ces cas, l'accompagnement peut être un ajout précieux à un plan de soins cliniques, mais il ne peut pas le remplacer.

Combien coûte l'accompagnement au Canada

L'accompagnement coûte généralement entre 25 $ et 40 $ de l'heure dans les grandes villes canadiennes. Le tarif varie selon le prestataire et la province. Chez Halekin, les familles paient un tarif qui comprend la rémunération du Kin, le processus de jumelage et de vérification, et les rapports de visite.

En comparaison, les soins privés de PAB coûtent entre 30 $ et 50 $ de l'heure. Les visites d'infirmiers sont plus élevées. Les programmes provinciaux subventionnent certaines heures pour les aînés admissibles, mais ces programmes ne couvrent généralement pas les services de niveau accompagnement.

La plupart des familles commencent avec une à trois visites par semaine (de deux à quatre heures chacune). Cela représente un coût mensuel d'environ 200 $ à 500 $ pour un horaire léger, ou de 500 $ à 1 200 $ pour des visites plus régulières. Ces chiffres sont réels, pas arrondis pour paraître bien.

L'essentiel

L'accompagnement et les soins à domicile sont des rôles différents qui répondent à des besoins différents. La plupart des familles ont besoin de comprendre la distinction pour obtenir la bonne aide au bon moment, plutôt que d'attendre trop longtemps ou de dépenser trop pour des services dont leur parent n'a pas encore besoin.

Si votre parent est isolé mais encore autonome pour les tâches quotidiennes, l'accompagnement est probablement le bon point de départ. S'il a besoin de soins personnels pratiques, vous avez besoin d'un PAB. Beaucoup de familles finissent par avoir les deux. L'important est de ne pas attendre qu'une crise force la décision.

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